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Le collège Pierre PFLIMLIN pour une belle aventure…

 

Les garçons de la classe départementale de Mulhouse (Collège Pierre PFLIMLIN) participaient ce mercredi 22 mars 2017 à Grenoble aux championnats de France U.N.S.S. Ils en reviennent avec une 8ième place au classement général des collèges, raflant au passage, en individuels, un titre de champion de France (Ayoub BELKAHLA) et un titre de vice-champion de France (Nathan DUSEHU). Retour sur cette compétition, sortant quelque peu des sentiers battus…

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Les jeunes de la classe départementale ont vécu une super expérience, riche en émotions fortes...

 

Cette campagne U.N.S.S. 2017 s’annonçait prometteuse pour le groupe mulhousien, mené par Nicole SCHNOEBELEN. Elle démarre pourtant dans la plus totale confusion. Qualifiés au départ, suite à leurs très bons résultats lors des championnats d’Académie de février dernier, puis recalés par après, on ne sait trop pourquoi, ce n’est que quelques jours avant la compétition que les jeunes ont été avertis qu’ils pouvaient, finalement, participer à cette phase nationale. Et c’est avec une fierté à peine dissimulée, bagages bien bouclés ce mardi matin, jour de départ, que Thomas DIDELOT, Ayoub BELKAHLA, Meïssa DIOP, Nathan DUSEHU, Othis MI-POUDOU, Ninon MATHERY (kata - uke), Liam GILG (kata - tori), Chloé DUSEHU (arbitre), Lorenzo PALERMITI (coach), leurs accompagnateurs Déborah DUSEHU, Eric LUDWIG et Vincent PALERMITI, se sont retrouvés devant le collège, pour prendre place dans l’un des deux véhicules empruntés pour l’occasion. Tous ont pris la route vers 10h, avec soulagement et enthousiasme.

Arrivée sur le lieu de compétition vers 15h30, formalités administratives à régulariser, puis séquence pesée pour les compétiteurs. La balance aura cependant raison de l’un d’eux, affichant un supplément de 600g. Qu’à cela ne tienne, c’est le groupe tout entier qui est monté sur le tatami pour courir, transpirer, et aider leur camarade à perdre son excédent. Première épreuve, et première mission accomplie pour ces élèves, plus soudés que jamais. Pour eux, « entraide et prospérité mutuelle » ne sont pas des mots en l’air…


Le mercredi matin, place à la compétition proprement dite. Dans une ambiance très scolaire, près de 450 élèves, représentant une cinquantaine de collèges venus de toute la France, se sont affrontés selon la formule de compétition fédérale, comprenant une phase de sélection par poules, puis une seconde phase, réunissant les deux meilleurs de chaque poule en tableau. 

En – de 42 kg, Thomas DIDELOT, d’habitude combatif, s’engageait cette fois peu sûr de lui. Trois rencontres, une victoire et deux défaites, malgré de nombreuses attaques, peu concluantes. Pas dans son assiette, tout simplement. Bien qu’ayant du potentiel, il ne termine que troisième de sa poule, et ne se qualifie pas pour le tableau final. En – de 46 kg, Meïssa DIOP avait une belle carte à jouer. Son allonge et sa technique pouvaient le mener loin. Malheureusement, lors de son premier combat, il chute lourdement sur son épaule droite. Luxation, hôpital direct. Intervention chirurgicale nécessaire, pas question pour lui de rentrer sur Mulhouse. Coup dur personnel, mais aussi pour l’ensemble du groupe, quelque peu choqué.

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Ayoub BELKAHLA impérial sur sa compétition, même en finale où il s'impose sur o-uchi-gari !


Dans la même catégorie, Ayoub BELKAHLA entendait bien aller au bout de l’aventure, ne serait-ce que pour son camarade blessé. Premier de sa poule, avec brio comme toujours, il s’est littéralement baladé dans son tableau final, à grands coups de seoi-nage, ura-nage et ippon-ko-uchi. Il conclut sa finale sur un magnifique o-uchi-gari, remportant par la même occasion son tout premier titre de champion de France. « Je ne sais pas quoi dire, je ne sais pas… », confie ce dernier, complètement abasourdi. « C’est un  truc de fous ! C’est mon tout premier titre, je suis super content ! ». Et de reprendre peu à peu ses esprits, « c’était un objectif, bien sûr. Mais je pense avant tout aux France fédéraux ». Interrogé sur son aisance technique, il s’épanche volontiers, « il faut être bon dans tous les secteurs, et j’adapte mon judo selon le type d’adversaire que je rencontre, s’il est grand ou plus petit, selon sa morphologie. Ce sont des choses que l’on travaille beaucoup à l’entraînement. Je dois énormément à mes entraîneurs, Hugues (LOUX) au club, qui m’apporte sur le plan technique et Nicole à la classe départementale, avec laquelle je progresse au niveau physique et sur l’endurance. C’est grâce à eux que j’en suis là, et je les remercie de tout cœur ! ».

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Au gong ultime, Ayoub n'en revient pas : il est champion de France !


En - de 60 kg Nathan DUSEHU visait lui aussi un podium. Alternant le meilleur et le moins bon sur le tapis, hyper brouillon parfois, mais avec cette petite lueur de génie capable de faire basculer n’importe quelle rencontre. Le garçon s’en tire à merveille, usant de son physique et de sa puissance pour malmener ses adversaires, et remporter des victoires « express ». Lui aussi, très à l’aise dans différents secteurs, debout ou au sol, atteint assez facilement la finale. Opposé à un adversaire coriace, mais à portée, Nathan quelque peu à court d’idées et d’énergie surtout, ne trouvera pas la solution, malgré de nombreuses tentatives. Il doit se contenter d’une seconde place, et du titre de vice-champion de France. Déçu alors ? « C’est sûr, on veut toujours être au top, être le meilleur ! », reconnait le judoka, tout sourire, mais réaliste. « On ne peut pas toujours être le premier. Là, je suis tombé sur plus fort que moi. On se donne un objectif, et on essaye d’aller jusqu’au bout. Ce qui m’a beaucoup aidé aujourd’hui, c’est la motivation. J’ai toujours envie d’aller plus loin, plus haut, d’être le premier. C’est ça qui me pousse à faire tous ces efforts pour être au maximum de moi-même ». Dans cette finale, il ne lui a pourtant pas manqué grand-chose. « Ca s’est joué au niveau technique », complète-t-il. « Le physique, ça allait, on l’avait tous les deux. Techniquement, il était meilleur que moi. Mais j’essayerai de l’avoir la prochaine fois ! ».

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Nathan DUSEHU : "on ne peut pas toujours être le premier..."


En - de 66 kg, Othis MI-POUDOU espérait, lui aussi, s’illustrer. Le jeune garçon, au physique imposant, bonne bouille et regard poupon, livrera de belles et rudes batailles, face à de solides gaillards. Son manque d’assurance parfois, la crainte de lancer des attaques fortes à des moments clefs, lui couteront une place dans le tableau final de la catégorie, pourtant accessible.

 

Dans la course aux points pour le classement des collèges, outre la participation des combattants, sont également notées les prestations du couple « kata », et celle de l’arbitrage. En kata, Liam GILG et sa partenaire, Ninon MATHERY, brillants combattants, pouvaient faire la différence, et marquer de bien précieux points. Mais tous deux, malgré l’envie de bien faire, n’obtiendront pas les faveurs des jurys, considérant nombre d’approximations dans leur approche, leur gestuelle et leurs placements. Troisièmes de leur poule, notre binôme n’atteint pas le tableau final. En revanche, Ninon et Liam, également engagés dans une épreuve « combat », feront parler leur expérience dans ce registre-là, remportant tous deux brillamment leur poule respective, apportant tout de même une contribution non négligeable au résultat de leur équipe.

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Intervenir à temps et de façon pertinente : tout l'enjeu d'un arbitrage efficace...

 

Coté arbitrage, c’est Chloé DUSEHU qui avait été choisie pour intégrer le groupe, en raison d’une part de son titre d’arbitre F1 (départemental), d’autre part de ses qualités d’appréciation et de prise de décision sur le terrain. La jeune fille, tout à son aise dans son costume arbitral, a non seulement fait honneur à son statut, forçant l’admiration de ses camarades, de son arbitre « tuteur », quelque peu stupéfait de son niveau, mais également marqué les esprits par sa connaissance du règlement et la justesse des valeurs attribuées lors de certaines actions. Une belle prestation qui lui vaut, en outre, le titre d’arbitre national (U.N.S.S.), le titre d’arbitre F2 (régional F.F.J.D.A.) par équivalence, mais aussi de précieux points pour l’option « judo » de son baccalauréat « S » (Lycée Albert SCHWEITZER de Mulhouse) ! Interrogée sur cette passion quelque peu singulière, la jeune fille se livre sans arrière pensée. « L’arbitrage fait partie intégrante du judo ! », exprime l’intéressée, non sans une certaine assurance. « Sans arbitrage, il ne peut y avoir de compétition. Et il n’y a pas que la pratique du judo en elle-même, savoir arbitrer est important, et permet de voir une autre facette de son sport. Etant déjà arbitre, j’ai l’habitude de ce type d’exercice. Donc ici, c’est un plus, et ça me permet également de m’avancer pour mon baccalauréat. Mais cela m’a permis d’accompagner ce groupe, tout en étant sur le tapis, et de vivre cette aventure pleinement avec eux… ».

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Chloé explique à son "tuteur" le geste inapproprié d'un combattant. Elle s'est montrée convainquante...

 

Lui, on n’a cessé de le voir toute la journée durant, courant d’un tapis à l’autre, s’enquérant, haletant parfois, des résultats de ses camarades. Un mot par-ci, une accolade par là, tel était le rôle du coach du groupe. Tête haute et fier de cette mission, Lorenzo PALERMITI s’est adonné à la tâche avec ardeur, tremblant pour ses camarades ou exultant selon les points marqués. « Il est important de les accompagner, de les soutenir », confie le jeune à l’issue de la compétition. « Lorsqu’ils étaient en difficulté, je suis allé leur parler pour les aider, pour qu’ils progressent. Pour leur dire, par exemple, de monter la main pour chercher le revers, ou expliquer qu’il pourraient battre leur adversaire une prochaine fois. Lorsqu’ils gagnent, je les félicite, et je suis très content pour eux ! ». Le truc, il l’a vraiment vécu à fond. « C’était une super aventure aujourd’hui. J’en retiendrai tout plein de bonnes choses sur le plan sportif, mais aussi les bons moments passés avec les copains ! ».

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Lorenzo aux côtés de ses camarades, dès l'échauffement matinal...


Au final, le collège Pierre PFLIMLIN ne se classe que 8ième sur les 29 équipes garçons représentées, avec un total de 32  points. Cette structure départementale, souvent lumineuse, nous a habitué à mieux par le passé. Les aléas de la compétition sont ainsi, favorables certaines années, et moins pour d’autres. « Bilan positif tout de même ! », analyse Nicole SCHNOEBELEN, non avare en dévouement et sacrifices pour ces jeunes, investie corps et âme dans son projet sportif. « Ayoub fait premier dans sa catégorie, ce n’est pas une surprise. Nathan devait confirmer, il l’a fait en devenant vice-champion de France. Ces deux résultats étaient attendus ». Et de reconnaitre, « on n’a pas eu trop de chance cette année. Meïssa se blesse au premier tour, il était une très grande chance de médaille. Thomas et Othis sont minimes première année, ils étaient là pour apprendre. Pour eux, ça s’est joué à pas grand chose. Mais ils ont très bien travaillé, ce sont des jeunes qui en veulent et on sent qu’ils veulent réussir. C’est de bon augure pour la suite ».

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Expliquer, conseiller et donner les bonnes consignes aux judokas. Nicole sur tous les fronts en pareille circonstance...

 

Ce qui interpelle surtout dans ce groupe, c’est la solidarité. Un est sur le tapis, les autres sont derrière pour l’encourager, le motiver. Un copain (Meïssa) à l’hôpital, pas question de rentrer sur Mulhouse sans aller le voir. Imaginez la tête de l’hôtesse d’accueil de la pédiatrie, voyant débarquer à 21h passées cette troupe quelque peu fantasque et exubérante, bien décidée à apporter son soutien à l’un des leurs. Mais service d’urgence oblige, aucun ne sera autorisé à pénétrer dans l’enceinte médicale. Déception sur tous les visages, frustration ensuite, puis résignation. Mais le geste était là. Ce sont les jeunes, et eux seuls, qui l’ont réclamé…

«Tous ont un bon fond, et surtout un bon état d’esprit », explique Nicole, questionnée sur le comportement global des judokas. « Ils travaillent ensemble toute l’année. Aux entraînements, personne ne se moque de personne, ils se serrent les coudes. Ce sont des compétiteurs, les anciens savent que, sur les U.N.S.S., c’est une équipe. Les minimes deuxième année ont montré le chemin aux plus jeunes. Ces derniers n’ont pas fait de résultats aujourd’hui, mais ils ont vu comment il fallait faire. Au niveau du classement, on est toujours dans les 10 premiers. Cette année, ça se joue à peu, on n’est pas très loin du troisième, qui a 36 points seulement. La médaille était à portée en tout cas... ». Et de conclure, « mais on remettra ça l’an prochain, avec le même enthousiasme ! ».

 

U.N.S.S., puis sport universitaire, antichambre du haut-niveau ? Il se dit que nombre d’athlètes ayant percé au niveau national, ou à l’international, sont passés par ces championnats. Quoi qu’il en soit, tous ont vécu une formidable aventure, initiatique bien souvent, extrêmement riche en informations de tout genre. A nos jeunes judokas maintenant d’affiner leurs désirs, et mettre en œuvre ce qu’il faut pour tendre vers leurs buts ou approcher leurs rêves. Mieux, les atteindre. Pour cela, ils ont désormais tout l’avenir devant eux…

 

Article rédigé par Isabelle GEIGER le 26 mars 2017 à 20h.